Sandokan

septembre 3rd, 20091:43 @

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Sandokan

Hugo Pratt disait de lui-même qu’il avait treize façons de raconter sa vie. Avant d’ajouter : « et je ne sais pas s’il y en a une de vraie, ou même si l’une est plus vraie que l’autre. »

Connu de tous, y compris de ceux qui n’ont peut-être encore jamais parcouru son oeuvre, Hugo Pratt a  laissé une empreinte indélébile sur nos vies et sur ce monde. Dessinateur et graphiste de génie, maître de la ligne, il nous a laissé comme un parfum persistant de voyages et de découvertes qui a sans doute nourri l’imaginaire des créatifs que nous sommes devenus.

Au début des années soixante, la crise économique qui frappe l’Argentine contraint Hugo Pratt à revenir en Italie. Là-bas, il travaille pour une revue pour adolescents, le Corriere dei Piccoli. il adapte notamment en BD des œuvres mythique (L’Île au Trésor, Simbad le Marin)… Et Sandokan!

Mais bientôt, Hugo Pratt délaissera Sandokan pour un autre héros qu’il considérera toujours comme son double : Corto. Laissant de fait Le Tigre de Malaisie inachevé et inédit jusqu’à aujourd’hui.

Oublié dans un carton au fil de l’histoire agitée de la maison d’édition qui en avait commandé la réalisation, Sandokan, finalement redécouvert à quelques quarante ans de distance, trouve enfin le chemin des librairies.

Le dessin de Pratt est magnifique. Dans Sandokan, le maître distille en touches fines son art, sans aucun grisé, en traits précis et sûrs. Le style inimitable de Pratt est là, le rythme aussi. Le graphisme est toujours aussi épuré mais efficace. On est transporté en Malaisie, mieux que ne saurait le faire n’importe quelle méga production cinématographique en Technicolor. L’évocation du trait suffit à fertiliser notre imaginaire.

Planche_Sandokan

Et Sandokan? Charismatique, énigmatique, il parviendrait presque à nous faire oublier Corto, l’immortel. Bref, une véritable épopée graphique, inimitable, à découvrir d’urgence. Si vous passez par l’Agence, on vous montre…